Arrivée 2 jours avant le groupe de RBM, j’ai pu orienter mon travail sur trois points :
- Observation à partir de la grille effectuée avant de partir
- Écoute et discussion avec la population, principalement les femmes
- Préparation de la réunion prévue le soir de l’arrivée du groupe
Tout cela a été rendu difficile à cause de ma méconnaissance de la langue et de leur méconnaissance de l’anglais
Observation in situ
On savait déjà que trois types de ressources sont susceptibles de satisfaire les besoins exprimés par le village de Pishu : les eaux de la rivière Zanskar, les 5 sources mises en évidence dans le secteur, les eaux souterraines contenues dans les aquifères des hautes terrasses.
Nombre d’habitant = 200
Quels besoins réels en surface d'irrigation ?
16ha +10ha
25ha +20ha
1ha /famille serait il suffisant ?
Je n’ai pas eu de réponse
Ça commence mal ! ! !
Le projet de déplacement des champs convient il à la majorité ?
Au vue des résultats, cela ne sera pas nécessaire.
Quels besoins réels en eau potable ?
Actuellement 5 à 6litres/pers/jour ? à vérifier
Si + proche 40 à 50 litres/pers/jour
Voir rapport de Mr Wazir
Qui va chercher l’eau potable ?
Ce n’est pas un travail particulièrement réservé aux femmes. Ce sont elles qui sont le plus présentes et donc disponibles en été.
Quelle est la source la plus utilisée ?
Source de la vallée 1 : C’est incontestablement la plus utilisée, elle est fréquentée par les femmes et les enfants. En début et fin de journée, j’ai pu compter jusqu'à 24 personnes en 1 heure.
C’est la plus proche du village mais en amont la sortie de la source a un débit très léger ( cf le rapport de Titou en juillet 2001) et les tuyaux
fuient tout au long de la descente. A l’arrivée, l’attente pour remplir les bidons peut durer jusqu’à 20mn.
Source de la nonerie : Elle ne sert qu’aux nones et heureusement car pour mettre 10l dans son bidon, Il faut minimum 20 mn !
Source du camping : elle est très peu fréquentée par les habitants. Elle sert aux touristes et aux habitants du bas du village ( 3 familles) : 4 personnes ( 1 femme, 1 jeune homme, 2 enfants) sont venues en 1 journée. Les habitants d’en haut viennent prendre l’eau ici exclusivement pour faire le tchang parce qu’elle est fraîche.
Source de la pépinière 1 : Elle sert exclusivement au moulin à tsampa. A cette époque de l’année, il tourne en permanence.
Les sources sont-elles un lieu de rencontre et de conversation pour les habitants ?
Pas particulièrement ! La source la plus fréquentée est proche des ruelles du village où les habitants peuvent se retrouver à l’ombre !
Il existe à Pishu plusieurs lieux et plusieurs occasions de se retrouver : travaux des champs, passage des touristes, envies de parler, prendre le frais….
Quel projet les habitants imaginent - ils ?
Cette question a fait l’objet de plusieurs rencontres :
Une première, avec l’instituteur et Lobsang Sonam pour présenter le projet de MR Wazir et le rapport de Titou. J’ai proposé à l’instituteur de présenter cela et discuter avec les habitants.
Une deuxième, avec Mr. Wazir de façon fortuite où il m’a simplement proposé de lire son rapport complet.
Une troisième, le soir même où les hommes se sont concertés de longues heures sur le sujet et peut-être d’autres, ma présence n’était visiblement pas souhaitée.
Enfin une quatrième, le lendemain. Elle s’est déroulée en même temps que les hommes prenaient les décisions avec RBM et Mr. Wazir. Cette rencontre s’est improvisé très rapidement à la demande de RBM, et 2 hommes du village. Elle a regroupé toutes les femmes. Leur conclusion était sans équivoque : la priorité c’est un accès facilité à l’eau potable, plus de débit à " la source de la vallée rouge ".
Quand nous sommes arrivées à l’école où se tenait l’autre réunion nous avons appris que le projet retenu était l’irrigation des champs par un canal dérivé de la Zanskar.
Les femmes étaient pourtant très heureuses et j’ai eu du mal à comprendre pourquoi. Choc de l’interculturel ! ! !
On se préoccupait d’une partie de leur question, même si celle-ci n’était pas prioritaire pour elles, et que l’autorité ne les avaient pas écouté, elles avait à un moment pris la parole et " on " avait décidé : cela était source de joie !
Jusqu’où les habitants sont-ils prêts à accepter un projet différent de celui qu'ils imaginent ?
L’exemple de l’explosion de joie exprimée par les femmes quand elles ont connu le résultat des décisions est il le reflet d’une population prête à accepter n’importe quel compromis ? ? ? à vérifier !
Quelle approche des énergies propres (éoliennes) peut-on raisonnablement envisager
Cette question n’a pas été à l’ordre du jour
Quelles implications peut-on espérer de la part des habitants ?
- Travail
- Pédagogie vis-à-vis des enfants
- De la part des administrations
- Finances
- Explication vis-à-vis des habitants
À étudier si nécessaire !
Qu'est-ce que cela deviendrait si voyaient le jour :
- Projet pompage (SECPAD)
- Projet canal d’irrigation
- Projet captage sources haute
- Projet captage sources de la pépinière
- Projet forage d’eau souterraine
Conclusions
Au cours de ce voyage j'avais deux missions : Faire le point avec la pomo association sur ces activités et projet, à Pishu pour assurer une étude d'impact de l'arrivée de l'eau.
Je m’étais volontairement limitée à une rencontre prioritairement féminine. Le fait d’être seule européenne m’a obligée (agréablement) à me plonger dans leur monde. Il est si différent du nôtre (dureté matérielle de la vie, valeurs spirituelles, égalité entre hommes et femmes…). Et pourtant nous avons pu trouver des connivences !
Au-delà de la barrière de la langue, toutes les rencontres furent chaleureuses et passionnantes.
Bien sûr, le séjour était très court pour tout comprendre ! mais peut -on tout comprendre ? je ne le crois pas. Par contre, il me reste du travail d’observation, de discussions, d’échange pour mieux pouvoir appréhender nos différences et nos ressemblances.
Avec la Pomo association, l’important est d’échanger, d’estimer nos différences et nos ressemblances. J’ai cru percevoir que, elles aussi, c’est ce qu’elles souhaitaient. Ce dont on avait le plus besoin : savoir qu’à l’autre bout du monde, des femmes pensent à leurs amies.
À Pishu aussi, les femmes sont sensibles à cet échange entre cultures et cela demande encore plus de temps qu’à Karsha ou Padum.
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