De l'eau pour Pishu
AIDE AU DÉVELOPPEMENT

Etude pour la réalisation d’un système de captage d’eau pour ce village isolé de 200 habitants dont la seule source permanente coule à une distance d’env. 500 m et à une altitude inférieure à celle du village, posant de graves problèmes d’alimentation en eau potable et d’irrigation, accentués par les années successives de sécheresse, menaçant ce village de disparition.

>Téléchargez le dossier détaillé "De l'eau pour Pishu" au format .pdf (180 ko)

Notre passage à Pishu via la rivière gelée, en février 2004
Informés de notre arrivée, les villageois de Pishu ont demandé à nous rencontrer pour évoquer une nouvelle fois la question de l'eau qui, étant donné les très faibles chutes de neige de l'hiver, risque de se poser à nouveau l'été prochain.
De ce nouvel entretien avec les représentants du village dont le nouveau "go-ba" (head man), est surtout ressorti le manque de confiance des villageois dans leurs institutions : peu de chances selon eux que le projet gouvernemental soit rapidement mis en œuvre, et quand bien même la décision serait prise par le J&K Government de Kargil sur recommandation du PWD de Padum, les délais de réalisation seraient, selon les vilageois, trop longs.
Nous avons cependant observé une évolution notable dans le comportement des pishupas qui, pour la première fois, se sont dit prêts à participer eux-mêmes activement à la mise en œuvre d'une solution. Ils comprennent visiblement bien notre difficulté à trouver un financement aussi important que celui nécessaire pour la réalisation du dernier projet (canal). Toujours selon eux, un retour à une solution qualifiée de plus "locale", c'est à dire confiant la conception et le suivi du projet à un ingénieur zanskarpa, devrait considérablement faire chuter les coûts, surtout si ce projet peut compter sur la participation active de la population du village aux travaux tout comme dans le financement ou la fourniture par les villageois de certains matériaux (tuyaux, etc.).
Un nouveau projet chiffré, reprenant vraisemblablement l'idée du pompage dans la Zanskar, mais avec de nouvelles solutions plus "légères" devrait donc être proposé par un ingénieur zanskarpa de leur choix, d'ici l'été 2004. De notre côté, nous devons nous mettre en recherche de "micro-solutions" alternatives, prenant surtout en compte les difficultés d'approvisionnement en énergie.

Nous avons à nouveau fait savoir aux pishupas qu'un financement de la part d'institutions occidentales serait difficile à trouver, et que, dans le meilleur des cas, ne serait débloqué qu'une fois l'aboutissement et la pérénité de la construction garantis.

Printemps 2004
Jacques Patureau (RBM) réalise une importante étude récapitulant, à partir des quantités d'eau nécessaires pour l'irrigation et l'usage domestique calculées par l'ingénieur hydrogéologue Jean-Marie Gandolfi en 2002, les différents systèmes de pompage et proposition d'installations envisageables sur la base du matériel disponible en occident. Ce dossier servira de base aux discussions avec l'ingénieur local en été 2004, notamment pour trouver des correspondances avec les matériels de pompages disponibles en Inde.

Eté 2004
Il a fallu attendre septembre 2004 pour que plusieurs rencontres aient lieu avec "Baboo" Tashi, l'ingénieur du village de Tungri choisi et préféré par les pishupas, et qui ont permis d'avancer, avec plusieurs bonnes nouvelles et l'apparition de nouvelles solutions plus "réalistes" et semblant plus à portée de RBM :

> possibilité de pompage dans la Zanskar sur un nouveau site situé à 3 km de Pishu en amont, où la rivière passe tout près du point de collecte possible (peu de tuyaux nécessaires, moins de puissance à fournir, canal simple et plus court),

> possibilités d'acheminer du matériel de forage par la piste soit en traversant la rivière avec un camion spécial (possible en oct/nov) ou par la piste venant de Karsha rive gauche qui, en cours de construction, serait terminée au plus tard à la fin 2005,

> programme gouvernemental en cours de pompes à main (forage dans le village) qui devrait permettre de mieux connaître l'existence d'une éventuelle nappe sous le village et sa puissance.

"Baboo" Tashi doit remettre un devis détaillé pour chacune de ces solution durant cet hiver 2004/2005 ce qui permettrait d'engager la recherche de financements (toutes les énergies seront nécessaires de la part des membres et amis de RBM), mis en attente suivant les conseils de Mr Wazir en été 2003. Si ces délais sont respectés, une première tranche de travaux pourrait débuter dans le meilleur des cas à l'automne 2005 (financée par le fonds de solidarité -certes modeste- de RBM déjà disponible) ou plus raisonnablement en 2006, supervisés par un bénévole compétent détaché sur place par RBM.

Nous avons également étudié la solution du pompage solaire (évidemment plus souhaitable car non polluant et ne nécessitant pas d'approvisionnement en carburant) auprès de fournisseurs et d'ONG spécialisés de Leh avec lesquels "Baboo Tashi" doit entrer en contact. Cependant, la quantité d'eau nécessaire pour l'irrigation (estimée à 125 m3 par heure pendant 12 heures par jour pendant 50 jours) paraît incompatible avec la capacité des pompes solaires (dans le meilleur des cas 135 m3 par jour, nécessitant l'installation d'une douzaine de pompes très coûteuses), d'autant que les subventions octroyées par le Gouvernement jusqu'à l'été 2004 restent aléatoires, selon les ONG locales, à l'horizon 2005 (à vérifier et à suivre cependant).

La question de l'eau à Pishu est vitale et urgente. Beaucoup d'études et d'échanges écrits de toutes sortes ont été réalisées depuis 2001 et nous avons bon espoir de pouvoir répondre à l'attente des pishupas si tous se mobilisent conjointement. Le rythme de vie, la notion du temps, les processus de décision locaux, etc., si différents des nôtres, doivent cependant être pris en compte : RBM n'entend pas imposer ses solutions et préférera toujours laisser toute sa place à l'initiative locale. Cette patience sera une des clefs du succès, que nous souhaitons durable, de cette opération.

A noter également, l'initiative réussie de David Ducoin de mobilisation de fonds destinés à la fourniture à titre d'aide d'urgence, en septembre 2004, de plusieurs camions de fourrage destiné à subvenir aux besoins immédiats de nourriture du bétail des pishupas. Bravo à lui pour sa remarquable efficacité qui aura sans doute permis aux villageois de conserver espoir.

Historique du programme 2001 - 2002 - 2003

Une étude approfondie réalisée bénévolement par un ingénieur hydrogéologue en 2001, Jean Marie Gandolfi, a permis l’établissement d’un rapport détaillé (disponible sur demande) sur la situation, et des commentaires sur les différentes solutions proposées. Un résumé de ce rapport a été traduit en anglais grâce à la mobilisation de nos membres et sympathisants, coordonnés par Matthew Daillie, pour diffusion sur place.

Un budget de travaux selon un projet de pompage dans la rivière, réalisé par un ingénieur local, Mr Hussain Wazir, nous est arrivé par courrier, sur lequel nous devrons demander quelques éclaircissements durant l’été 2002. Des questions et commentaires à propos de ce projet sont ajoutées au rapport de M. Gandolfi. Plusieurs autres spécialistes donnent également leur avis.

Avec Mido Brun, sociologue et membre de RBM, nous décidons de profiter de son séjour prévu sur place en Août dans le cadre d’une étude après des associations de femmes du Zanskar (Pou Mo Association), pour enquêter sur l’avis des villageois et plus particulièrement des femmes, et l’impact social de la réalisation de ce projet. Mido a rédigé à son retour en Septembre 2002 un rapport sur ses rencontres sur place.

David Ducoin, photographe et réalisateur, finançant, avec l’aide de quelques sponsors, un programme d’éducation dans ce village, participe à nos réflexion et commence à sensibiliser ses sponsors sur la question de l’eau au Zanskar (3 villages au moins sont concernés).


Eté 2002 :
3 groupes de membres RBM se sont rendus sur place de juillet à septembre 2002, soit plus de 20 personnes. Mido Brun a quant à elle séjourné au Zanskar une quinzaine de jours en Août.

Lors de notre premier passage de Juillet, une assemblée de responsables et d’anciens se réunissent à notre demande. On nous remet un document (disponible sur demande) d’une quarantaine de pages, relié, constituant le projet détaillé et chiffré de Mr Wazir, réalisé sous l’égide d’une organisation locale, la SECPAD. Les villageois semblent unanimement soutenir la solution proposée par Mr Wazir d’un pompage dans la Zanskar. Il est probable que ce dossier réponde au moins partiellement aux questions posées par nos amis ingénieurs occidentaux.

Nous apprenons par ailleurs qu’une somme d’argent versée par une organisation indienne travaillant sur tous les problèmes d’irrigation en Inde et dont Mr Wazir serait maintenant un des représentants sur la zone, "Watershade Project", a permis aux villageois d’engager eux-même en parallèle des travaux sur un autre projet de captage en période de fonte des neiges (avril à juin). Après visite du chantier situé à 45 mn du village (sur lequel beaucoup de villageois ont été rémunérés pour travailler, mais seulement durant les mois d’octobre à décembre étant donné les conditions climatiques et les périodes durant lesquelles ils sont mobilisés pour les cultures), nous réalisons que ce chantier prendra, si il aboutit, beaucoup de temps et ne subviendra que très partiellement aux besoins d’irrigation d’une petite partie des terres cultivables.

En Aout, 3 semaines plus tard, lors de notre second passage, nous remettons pour consultation le résumé traduit en anglais, du rapport de J.M. Gandolfi. Celui-ci donne lieu à plusieurs discussions entre les villageois auxquelles Mr Wazir, absent en juillet, participe. Mido Brun organise la consultation des villageoises que les hommes ont tendance à laisser de côté dans ces discussions.

>Lire le rapport/témoignage de Mido Brun

Il en ressort, à notre grande surprise, qu’une autre solution, envisagée déjà depuis longtemps, mais jugée «titanesque et irréaliste», un canal de dérivation de la rivière, revient à l’ordre du jour. Mr Wazir nous explique que les villageois croient beaucoup plus dans ce type de solution, et que de son côté, elle lui paraît, bien que beaucoup plus coûteuse (peut-être deux fois plus), plus adaptée et plus pérenne. Elle pose des problèmes techniques certains, notamment au niveau de l’ouvrage de dérivation, mais permettrait d’apporter une quantité d’eau bien plus importante, permettant une substantielle augmentation des terres irrigables, et par conséquent un accroissement du cheptel de ce village. Mr Wazir propose de réaliser une étude complète et un projet détaillé et chiffré qu’il nous promet pour janvier 2003. Sa réalisation nécessiterait plusieurs années (3 ou 4) de travaux (réalisés de juin à septembre par une centaine travailleurs venant des états indiens du Bihar, de l’Orissa, de l’Himachal Pradesh, et du Népal), durant lesquels le financement pourrait être étalé. Nous évoquons la possibilité d’une participation financière plus importante de la part des villageois, en prévision d’un accroissement de leurs revenus, prévisible en raison d'une progression de la vente d’animaux dans le futur. De plus ce projet ne prend pas en compte la question de l’eau potable.

Après avoir rappelé aux villageois les difficultés supplémentaires de financement, et le risque d'échec dans la recherche de fonds, ainsi que le délai plus long de réalisation, nous décidons malgré tout de respecter leur choix. Il reste clair que si nous souhaitons voir les travaux commencer en 2003, nous ne pouvons pas attendre janvier et l’arrivée du nouveau dossier de Mr Wazir pour entamer nos démarches de recherches de fonds. Une mobilisation de tous est souhaitable dès maintenant en vue d’établir la liste des possibilités de financement et les premières démarches.

Nous pensons, si ce projet voit le jour, effectuer un travail didactique avec les enseignants et élèves du village, pour expliquer le contexte dans lequel cette aide extérieure sera arrivée, les questions d’eau potable, etc..

Enfin, il faut noter que cette réalisation risque d’attiser certaines jalousies dans les villages voisins.

Le village de Pishu nous a à plusieurs reprises cette année réservé un accueil comme les zanskarpas savent le faire...


DECEMBRE 2002 :
Mr Wazir nous écrit un email pour nous signaler l'achèvement du nouveau projet. Il nous demande si nous avons avancé sur la question du financement (alors que nous avions clairement et publiquement annoncé que rien ne pouvait débuter dans le domaine de la recherche de fonds tant qu'un dossier complet n'était pas constitué). Mêê avec toutes les précautions, nous remarquons une fois de plus que le simple fait d'évoquer une aide est interprété comme un acquis. Nous avons répondu à Mr Wazir que nous restions dans l'attente de l'envoi du nouveau projet complet et chiffré.


FEVRIER / MARS 2003 :
Nous faisons le point sur les différentes pistes de recherche de financement. De nombreux membres de RBM et autres sympathisants nous ont fait part de leurs réflexions et idées. Un récapitulatif est diffusé. Nous réalisons par ailleurs un dossier de pré-sensibilisation, mis à disposition des membres de RBM, toujours dans l'attente du projet définitif de Mr Wazir.

JUIN 2003 :
Le nouveau projet de Mr Wazir nous parvient par voie postale. Le budget s'élève à 231 000 Euros. Nous activons nos contacts chez les éventuels financeurs afin de partir au Ladakh cet été 2003 avec des nouvelles constructives.

Ce qui a avait été dit durant les passages de nos groupes de l'ETE 2003 à Pishu
Une réunion organisée par les villageois lors du passage de notre premier groupe de l'été (2/08/2003) nous a permis de mesurer à quel point, malgré nos avertissements exprimés en 2002, les "pishu-pa" comptaient sur nous pour leur apporter la solution financière dans son intégralité. Nous nous sommes par ailleurs rendu compte qu'ils ignoraient encore le contenu de la nouvelle étude réalisée par Mr Wazir, ingénieur retraité de Kargil (Ladakh) reçue en France en juin 2003(voir ci-dessous, l'historique du projet - juin 2003). Nous avons à nouveau dû expliquer que l'apport financier de RBM ne pourrait être que partiel, qu'il dépendait majoritairement de bailleurs de fonds publics et privés occidentaux et, qu'en tout état de cause, il n'était pas envisageable d'entamer des travaux sans la certitude d'être en mesure de les mener à leur terme. Nous leur avons par conséquent demandé d'étudier à quelle hauteur le village de Pishu pouvait participer, et quelles étaient leurs chances d'obtenir une aide publique du gouvernement de l'Etat du Jammu & Kashmir (J&K).

Le 25 Août 2003, Mr Wazir averti de notre venue avec notre troisième groupe de l'été, a fait le déplacement afin de nous rencontrer. Nous apprenons alors qu'un nouveau projet "gouvernemental" (qui n'est peut-être rien d'autre qu'une mise à jour d'un premier projet établit il y a quelques années) pour un canal d'irrigation de 14 km, présenté par "l'ingénieur exécutif de la division locale des travaux publics" de Padum-Zanskar (PWD - Public Work Division), Mr Fidar Hussain, est à l'étude. Une décision est en attente de la part des autorités de l'Etat du J&K qui devrait être prise durant le premier trimestre 2004.

Il nous a paru urgent de rencontrer Mr Fidar Hussain pour obtenir plus d'informations sur les origines de ce projet et ses chances d'aboutir, ce qui sera tenté en vain. Une nouvelle tentative sera effectuée lors de notre prochain passage à Padum en février 2004. Cependant, Mr Wazir nous conseille de rester vigilants sur l'évolution de la situation et nous tiendra informés dès qu'une décision sera prise.

En cas d'accord du Gouvernement du J&K, Mr Wazir indique que notre aide pourrait consister à co-financer le programme afin d'en accélérer sa réalisation. En cas de refus, le problème restera entier.

Il est à noté que l'hiver 2002/2003 a été suffisamment enneigé pour assurer l'approvisionnement en eau d'irrigation des cultures de l'été 2003, relativisant l'urgence de ce programme. Il ressort néanmoins une grande difficulté à réaliser un partenariat participatif avec la population de Pishu qui semble plutôt demandeuse d'assistance de la part des ONG que réellement prête à s'organiser pour s'engager. Plusieurs raisons à cette attitude peuvent être avancées (indisponibilité due aux travaux des champs en période estivale, découragement devant des démarches administratives d'une lourdeur prohibitive et la corruption des autorités, etc.), mais à Pishu comme à Photoksar, nous nous heurtons à l'organisation sociale des villages isolés du Ladakh, notamment en ce qui concerne les processus de prise de décision, de responsabilité, et de pouvoir. Il nous appartient d'intégrer ces processus dans nos démarches et non de chercher à les contourner pour imposer notre mode de pensée.

>Accédez à la page traitant de l'Ecole de Photoksar


>Participez aux Rencontres au Zanskar



Pour en savoir plus sur Rencontres au Bout du Monde :

Toutes nos destinations l Contactez-nous l Nos actions l Liens et partenaires l Accueil

Découvrez notre Charte de recommandations pour un tourisme responsable et équitable

contact@boutdumonde.eu Tél : 33 (0)4 42 96 42 89

ACCUEIL