Ecoles de Photoksar et Nyerak
PEDAGOGIE ET EDUCATION

Aide à la construction de la nouvelle école de Photoksar.
Financement d’enseignants chargés d’assurer les cours durant la période d’hiver dans ces villages.


Dernières nouvelles après les passages de nos groupes de l'été 2004 à Photoksar
Les travaux ont été confiés à un moine de Lingshed et, grâce à lui, ont ainsi beaucoup avancé. Le choix de faire superviser ce programme par une "autorité" extérieure au village était donc le bon. La "maison de verre" ("shel khang") est achevée et à la demande des villageois, nous avons renouvelé notre aide pour la construction du sol en bois et pour poursuivre le financement de deux instituteurs (un homme et une femme) pour assurer les cours de soutien durant l'hiver 2004/2005. La population de Photoksar est très impliquée dans le projet : plusieurs réunions avec le villageois ont eu lieu durant l'été 2004.

Historique du programme - 2003
La lecture d'un article sur les processus de décisions dans les villages reculés du Ladakh (par Fernanda Pirie dans "Ladakh Studies" - Sept. 2002 - Voir ci-dessous : "Avril 2003") et un échange de courriers avec son auteur laissaient présager quelques difficultés dans la réalisation de la "green house" (littéralement "Shel Khang", la "maison de verre") de l'école de Photoksar. Cette construction est destinée à améliorer les conditions de l'enseignement hivernal financé par Rencontres au Bout du Monde (RBM) depuis 2002 (voir ci-dessous).
Arrivés en juillet 2003 avec notre premier groupe de l'été, nous avons pu constater grâce aux registres de présence que nous avions fournis, que les classes d'hiver avaient bien été assurées par nos deux institutrices, Kesang Butid et Kesang Angmo, malgré quelques problèmes évoqués (absentéisme, peu de travail réalisé à la maison... ce qui peut se comprendre étant donné les conditions de vie très dures en hiver). Le verre acheté en septembre 2002 avait également bien été intégralement acheminé de Leh à Photoksar. Par contre, les travaux n'avaient pu commencer, contrairement aux promesses réitérées au printemps : les villageois s'étaient bien mobilisés pour fournir tout le bois dont ils disposaient au charpentier du village voisin de Machu, Murup Dorje, devant réaliser la structure de la "green house", mais la quantité fournie étant bien inférieure à celle nécessaire pour mener à bien ce projet, ce dernier n'a pu que réaliser quelques éléments que nous avons pu découvrir cet été chez lui. Par ailleurs, ayant pris conscience de la difficulté de la tâche, il nous a fait comprendre qu'une aide beaucoup plus importante de notre part (ou de celle fort peu probable de l'Etat du Jammu & Kashmir) était nécessaire, les villageois étant totalement démunis et donc incapables de participer financièrement à cette construction.

Il est décidé de réunir les villageois (femmes et hommes) pour notre passage d'août afin de les amener à s'exprimer sur tout ces points.
De passage à Leh, nous avons eu un nouveau contact par courrier avec Fernanda, nous conseillant la médiation d'un moine du monastère de Lingshet, Lama Tsewang Jorgyas, avec lequel nous sommes déjà en contact pour le suivi des parrainages d'enfants des villages de Skiumpatta et Gongma. Elle même avait déjà laissé des fonds à ce moine pour la "green house" de Photoksar et éventuellement pour financer une formation complémentaire des deux institutrices.

La réunion d'août entre les villageois de Photoksar venus nombreux et notre troisième groupe de l'été (photos ci-dessous) nous a permis de mesurer la bonne satisfaction des villageois vis à vis de nos deux institutrices. Les questions d'absentéisme ont été soulevées, certains mécontentements ou désaccords exprimés et discutés, ce qui n'avait jamais été le cas d'une manière aussi libre.

Nous avons par ailleurs demandé aux villageois de nous préciser leurs besoins exacts en matériel et en fonds pour qu'ils puissent mener à leur terme les travaux de la "green house". Malgré une volonté nettement exprimée d'améliorer les conditions d'éducation de leurs enfants, la résistance à la prise de décision due à l'organisation historique des pouvoirs et des influences dans ce village induit des freins que seule, ainsi que le conseille Fernanda, une personne du Ladakh, respectée mais extérieure au village comme Lama Tsewang Jorgyas, ayant l'expérience de cette organisation, pourrait contourner et surmonter. Ainsi, nous proposons donc aux membres du comité représentatif de ce village de nous rejoindre à Leh en septembre où, avec Lama Tsewang, nous réfléchirons aux solutions à apporter.

En septembre à Leh, deux de ces représentants réunis avec Lama Tsewang et RBM établissent une liste précise, chiffrée, et annoncée comme définitive, des besoins (matériels et humains) dont le montant s'établit à env. 1000 Euros, les frais et l'organisation du transport restant à la charge des villageois. Lama Tsewang conservera les fonds dont une partie est avancée par RBM et l'autre sera empruntée sur place pour être remboursée par RBM une fois les travaux achevés. Il règlera lui même les dépenses au fur et à mesure de leurs engagement, et supervisera les travaux par quelques visites sur le chantier.

La collaboration avec les deux institutrices pour l'hiver 2003/2004 est reconduite. Une meilleure rémunération ainsi qu'une aide pour une formation complémentaire pourront leur être accordées grâce à l'apport complémentaire des fonds déposés par Fernanda. Lama Tsewang ici aussi effectuera les règlements à intervalles réguliers.

Nous avions le choix entre l'abandon du programme avec une dépense engagée en été 2002 inutilement, et sa poursuite moyennant un triplement du budget intégralement à notre charge, allant à l'encontre de nos principes ! Nous avons pris le risque de faire confiance aux villageois, à titre d'expérience et suivant les conseils qui nous étaient prodigués, conscients que l'aide au développement ne peut qu'intégrer les principes de l'organisation sociétale locale auxquels il nous appartient de nous adapter et non l'inverse. Nous avons néanmoins conscience de nous poser dans une attitude d'assistanat contraire à nos convictions, et resterons vigilants sur les répercussions qui pourraient s'en trouver induites. Les villageois, accompagnés en cela par Lama Tsewang, devront eux-mêmes mener à bien ce projet, et nous ne voyons pas de raison de ne pas répondre à cette demande exprimée par un village que nous traversons régulièrement et qui a toujours si bien su nous recevoir.


Ecole de Nierak :

Un contact a été repris et rendez-vous fixé afin d'avancer dans l'évaluation difficilement entamée en 2003, avec notre groupe de février 2004 lors de son passage sur la rivière gelée.

L'école de Photoksar.
Photo P. Boussard
Réunion en août 2003 entre les vilageois de Photoksar et le groupe de RBM. Photos P. Boussard
Historique des programmes de Photoksar et Nierak 2001 - 2002 - 2003
En 2001 une discussion avec les villageois de ces deux villages, nous avait amené à décider de participer financièrement à l’achèvement de l’école de Photoksar, village très isolé, les financements gouvernementaux n’arrivant qu’au compte goutte. Nous avions de plus procédé à la distribution auprès du responsable chargé de l’éducation du village de Photaksar, de petit matériel scolaire (acheté en Inde par RBM) à remettre aux enfants.

Rendez-vous avait été pris à la fin de notre séjour, à Leh, pour acheter le bois nécessaire à la construction du plancher,
rendez-vous auquel aucun habitant du village n’a finalement été à même de se rendre.


Lors de notre passage en juillet 2002 à Photoksar, le village (avec lequel nous avions correspondu durant l’hiver) nous attendait. Nous avons découvert que le plancher de l’école avait été achevé grâce à l’arrivée de fonds gouvernementaux. La structure de «récupération de chaleur» (une «serre» couvrant toute la face Sud du bâtiment) n’est quant à elle pas achevée.

Nous remarquons également un nouveau bâtiment, un «hôpital» nous dit-on, tout neuf et vitré, mais non utilisé, et dont l’origine du financement et la fonction réelle reste pour nous encore inconnues.

Une réunion (épique) avec les «élus» représentants du village met à jour une demande de toutes les familles pour le financement d’enseignants locaux pour l’hiver, les enfants (21 de plus de 6 ans, chiffre que l’on prévoit passer à 30 d’ici 2004) restant sans enseignants durant plus de 4 mois (de novembre à mars). Nous faisons valoir le fait que tant que l’école ne sera pas équipée de son système de chauffage solaire (cité plus haut), il est difficile d’envisager que s’y tiennent des cours d’hiver (il y fait jusqu’à moins 40°C !). Une évaluation nous permet de nous engager à procéder à l’achat du vitrage (env. 30 m2) à condition qu’un responsable compétent nous rejoigne pour cet achat à Leh lors de notre passage de mi-Aout. Cette fois-ci, tout se passe comme prévu et nous achetons donc le verre nécessaire qui sera acheminé de Phanjila à Photoksar à dos de cheval, après les moissons, en septembre. On nous promet un achèvement des travaux pour novembre.

En Août, c’est une véritable fête que le village nous a réservé : danses et chants traditionnels en costumes, jusqu’à la nuit, dans la prairie sur laquelle nous avons installé notre campement... Nous rencontrons publiquement une des deux institutrices que nous avons décidé de rémunérer d’avance pour les 4 mois d’hiver.

Un registre sur lequel les enseignants mais aussi le responsable de l'éducation devront faire figurer jour après jour le nombre
d’élèves participants, nous permettra de nous rendre compte si nous devons poursuivre pour les années à venir. Ce document responsabilisera les villageois sur l'envoi des enfants à cette école d'hiver.

Si, comme nous le pensons, il s’avère que nous avons eu raison d’agir ainsi en faisant pleinement confiance à ces villageois, notre responsabilité sera alors d’assumer cet engagement d’année en année. Il ne s’agit que d’un «coup de pouce», les villageois ne nous ayant pas attendu pour avancer dans leur projet d’école.

A Pidmu et Pishu, nous continuons la distribution aux enseignants de petit matériel scolaire à remettre aux élèves, en les responsabilisant sur les problèmes de mendicité consécutifs aux distributions "sauvages" effectuées par les touristes de passage.

A Pishu, nous procédons à un audit des villageois pour connaître leur observations sur l’enseignant financé par le photographe et réalisateur David Ducoin, à la demande de ce dernier.


Avril 2003 :
Nous sommes contactés par Fernanda Pirie, chercheuse anthropologue, qui travaille également sur le village de Photoksar depuis 1999, en lien avec une petite ONG basée à Leh (Ladakh). Elle vient d'y passer un mois en janvier 2003 et nous confirme que les deux institutrices y dispensent les cours comme prévu. Un courrier qu'elle nous a rapporté de la part des villageois nous explique que le système de chauffage solaire n'a pas été achevé et le serait au printemps 2003. Rendez-vous est pris pour nos groupes de l'été à Leh et à Photoksar avec toutes les parties concernées pour coordonner nos actions.

NIERAK - Février 2003 :
Nous avions été contactés par les familles de ce petit village situé au milieu de la gorge de la Zanskar afin d'étudier, comme à Photoksar, la possibilité d'aider à la mise en place de classes d'hiver. Nous avions promis que nos membres participants à l'expédition "Chadar - Rencontres sur le Fleuve Gelé" en février 2003" effectueraient une évaluation des besoins, ce qui a été partiellement fait et devra être approfondi en hiver 2003/2004.

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